RENCONTRE 12 — STEPHANIE SPECHT

Stephanie Specht est une jeune et brillante graphiste installée à Anvers, Belgique. Son identité créative unique est le fruit de ses voyages, de Cape Town à Princeton en passant par New-York où elle a vécu un temps avant de revenir dans sa ville natale. Figure de proue du design graphique, il est impossible de passer à côté de ses créations audacieuses et intelligemment déstructurées.

Stephanie Specht is a brilliant young graphic designer established in Antwerp, Belgium, who harvested her unique creative identity from Cape Town to Princeton and NYC before re-settling in her hometown. Leading figure of the design’s horizons, it’s impossible to miss her fun, structured/de-structured, boldly eye-catching creations. 

Lorsque l’on observe le travail de Stephanie, il n’est pas surprenant d’apprendre qu’elle souhaitait initialement devenir architecte.
L’un de ses professeurs a probablement eu du flair en l’orientant vers une autre voie: une formation plus généraliste lui a permis de développer un intérêt grandissant pour les mouvements architecturaux du Brutalisme et du Modernisme, dont les styles ont modelé sa signature artistique. Au lieu de concentrer son attention sur les bâtiments, Stephanie se découvre une fascination pour le lettrage des façades. « Pendant ma dernière année de lycée, un professeur de typographie m’a fait découvrir le graphisme. Soudainement tout a pris un sens ».
Et tout revêt un sens pour nous aussi: le design de Stephanie est clairement architectural.
Façonnant des volumes quasi tridimensionnels sur la surface plane d’une feuille de papier, elle évoque avec passion l’inspiration qu’elle puisse dans les maîtres de l’architecture. « J’adore les architectes comme Renaat Braem, Peter Zumthor, Louis Kahn. J’ai uniquement vu le Franklin Roosevelt Freedoms Park à New York, mais cela m’a énormément marquée. Pourtant il s’agit juste d’une surface linéaire, quelque chose de complètement horizontal. Je ne peux même pas essayer d’imaginer ce que l’on doit ressentir en se tenant debout face à l’un des bâtiments de Kahn, qui occuperait le même espace verticalement. Je ressens simplement la structure d’une parfaite mise en page dans ses créations ».

When looking at Stephanie’s work it is no surprise to learn that she originally wanted to become an architect. One of her teachers probably had flair, advising her to change her path: starting a general art course, she slowly grew fond of architectural movements such as Brutalism and Modernism that definitely lead her artistic feature. Rather than focusing on the buildings themselves, Stephanie became fascinated by the lettering on buildings. « During my last year of high school, a typography teacher introduced me to graphic design. Everything made sense to me suddenly ».
And everything also makes sense to us in the light of it: Stephanie’s graphic designs are clearly architectural. Shaping almost three-dimensional volumes on the flat layout of a sheet of paper, she talks about her inspirations in an heartfelt appeal for architecture’s masters. « I love architects like Renaat Braem, Peter Zumthor, Louis Kahn. I have only been to the Franklin Roosevelt Freedoms Park in NYC, it had a big impact on me. And that’s just a flat surface, a very horizontal feeling. I can’t even try to imagine what it must feel like to stand in front of one of Kahn’s building then, that has the same amount of space but in a vertical way. I just see perfect layouts in his creations ».

Grâce à ses innombrables voyages et déménagements qu’elle évoque avec sagesse, elle a appris à vivre du strict nécessaire, adoptant l’adage « less is more » au profit d’une entière concentration sur son travail, depuis son retour à Anvers. « J’ai l’impression d’avoir enfin une ‘maison’, une vraie base. Il me semble aussi que mon travail est plus minimal. Je me suis débarrassée de tout ce qui était superflu. J’ai appris ce que signifiait ‘posséder des choses’. Et je me suis rendue compte que pour moi, moins de possession était synonyme de relaxation. Ca a été un long processus, car j’étais très attachée aux choses matérielles. Au fur et à mesure des déménagements, j’ai ressenti un changement, qui s’est ressenti dans ma manière de travailler et dans mon style. Je suppose que c’était une sorte de purification à tous points de vue ».
Une façon de penser qui se reflète définitivement dans son travail. L’aplomb de ses créations et de son message ne repose pas sur une mise en page bavarde, c’est même tout le contraire - il se base sur la recherche permanente de la meilleure association, testant toujours de nouvelles typographies et de nouvelles palettes de couleurs, ajoutant le moins d’éléments possibles.

Looking back at her numerous travels and movings in a very composed manner, she emphases how learning to live out of a suitcase taught her to be a « less is more » kind of person. And how much more focused she is, now that she has moved back to Antwerp. « I feel like I have a ‘home’ and work base for real now. I also feel my work is more minimal. I got rid of all the clutter. I learned what it means to ‘posses’ stuff. And I figured out, the less ‘stuff’ I have, the more relaxed I am. It took me a while though, I used to be very attached to material things.
During those times, where I would move a lot, I felt I was changing – and so did my work style. I guess it was a sort of purification on all levels in my life? ».
A way of thinking that definitely reflects in her work. The audacity of her creations and her message doesn’t rely on a chatty layout but the other way around - it is based on a permanent search of the best combination, always testing out new fonts and color palettes with the fewer additional elements as possible.

Finalement, on ne prendrait pas de grand risque à dire que cette fille est sur tous les fronts.
Dernièrement, Stephanie a exercé sa magie en repensant intégralement le design de l’iconique S Magazine qui célébrait ses 10 ans de parution cette année, aux côtés du photographe danois Mads Teglers et de l’un des fondateurs de S.
Mais c’est juste la partie visible de l’iceberg pour celle qui s’essaie désormais à la céramique et travaille actuellement sur le très cool projet du festival OFFF By Night d’Anvers, organisé par Rizon Parein
« Je viens d’achever une collection capsule de céramiques, ’Small Bodies of the Solar System’. C’est une collaboration créative entre Lilit Asiryan, une plasticienne et designer basée à Stockholm, Thomas Salzer, un potier originaire d’Arvika (Suède), et moi-même. Ce travail est le résultat d’une confrontation d’idées mixant un artisanat intemporel et une libre interprétation dessinée de la nature et de l’espace. Depuis l’argile du sol de Suède, jusqu’au cosmos, où chaque objet emprunte sa forme aux lunes et astéroïdes. Le mélange d’artisanat, d’art, de graphisme et d’illustration incarne notre héritage créatif. Il sera exposé à mon studio d’Anvers, vendredi 17 juin. L’architecture est aussi toujours dans ma vie: je travaille avec les bruxellois de PlusOffice Architects sur des projets variés et très inspirants ».

No big risk taken saying this girl is literally everywhere.
Lately Stephanie’s worked her magic on re-designed the whole new look of the iconic S Magazine which just celebrated its 10th years, along with Danish photographer Mads Teglers and one of the founder of S.
But that’s just the top of the iceberg for her who just got her hands on ceramics design and currently working on the very cool OFFF By Night festival project curated by Rizon Parein…
« I just finished a capsule ceramic collection ‘Small Bodies of the Solar System’. The Capsule collection is a creative collaboration between Lilit Asiryan, a Visual Artist and Designer based in Stockholm, myself and Thomas Salzer, a potter from Arvika, Sweden. The work reflects a creative clash of ideas, mingling timeless craft with free artistry drawing inspiration from space and nature. This starts with the clay from the Swedish soil and ends in space where each object has lent its shape from moons and asteroids. The mix of craft, art, graphics and illustration reflects our creative heritage. It will be showcased at my studio in Antwerp, Friday June the 17th.
Architecture is also still in my life: I work together with PlusOffice Architects in Brussels on a variety of projects, very inspiring ».

Bien que ce soit une impression tenace, Stephanie n’est pas totalement monomaniaque de l’architecture, puisque la musique est sa deuxième source d’inspiration principale, rêvant même d’une collaboration avec un compositeur. « Je crois que chaque collaboration devrait apparaître comme une évidence. Exactement comme quand on lie de nouvelles amitiés. On rencontre quelqu’un pour la première fois, puis ce déclic qui nous intrigue. On a envie d’en savoir plus sur cette personne, et dans le meilleur des cas le sentiment est mutuel, engageant alors un lien tout naturel sans avoir besoin de se dire ‘soyons amis’. Je suis convaincue que c’est aussi comme ça que devrait fonctionner une collaboration. Avec douceur et réflexion ».

Tout est dans la « synchronisation »!

 

It might sounds like it, but Stephanie isn’t completely obsessed with architecture, as she states music as her second main inspiration and dreaming of a collaboration with a musician. « I believe that every collaboration should happen very naturally. Just like when you make friends. You meet someone for the first time, you experience that ‘click’ and you get intrigued by the person. You want to know more and in the best case the feeling is mutual and you start a friendship without telling each other ‘let’s be friends’. I believe that’s how a collaboration should be too. Slowly and thoughtful ».

« Synchronisation » is everything!

 

La sélection artistique de Stephanie / 100% Anvers —
Geran Knol (illustrateur et musicien néerlandais, 'Oval Angle').
Marie Grégoire (graphiste).
Laura Geurten (illustratrice).

Stephanie’s top artistic picks / special Antwerp’s featurette —
Geran Knol (a Dutch illustrator and musician, 'Oval Angle').
Marie Grégoire (graphic designer).
Laura Geurten (illustrator).


http://stephaniespecht.com/


CREDITS
Graphic design © Stephanie Specht
Portraits & office interiors' photographs © HEJM
Interview & editing © Justine & Kim, Jake Studio