— RENCONTRE 10 — VALENTIN BREYNE

Valentin Breyne est un peu un membre de la famille Jake Studio. Jeune directeur artistique passionné vivant entre NYC et Paris, il est le talent derrière notre logo adoré. Dans une démarche proche de l’exercice de l’architecture auquel il se destinait initialement, il construit avec beaucoup d’intelligence un graphisme ultra structuré, précis, aux jeux typographiques et photographiques minutieux et subtils.

Valentin Breyne is kind of Jake Studio’s family member. Keen young art director, living in-between NYC and Paris, he is also the talent behind our beloved logo. In an intuitive approach close to his original focus on architecture, he smartly builds an hyper structured and precise graphic design, meticulous and subtle play of typography and photography.

Méthodique et organisé, le processus de travail de Valentin se traduit par une signature épurée reposant sur une grande précision des détails. Qu’il joue de contraste pour mettre en valeur la couleur ou pour donner de la force à une photographie, ses mises en pages sont de véritables architectures bâties sur des grilles conçues soigneusement au cas par cas. Cette trame de fond consolide des compositions hiérarchisant différents niveaux de lecture, manifeste d’un souci d’une fonction porteuse de sens sur une forme purement décorative — « J’essaye d’apporter mon point de vue sur la photographie qui m’est donnée et de la transformer en un élément graphique puissant, une réelle valeur ajoutée. Je cherche à donner du sens à ce que je fais, à ce qu’il y ait toujours un concept fort ».

Methodical and organized, Valentin’s work process leads to a refined signature based on a great precision of details. Using contrast to enhance color or to add strength to a photography, his layouts are true architectural grids neatly framed case-by-case. This background is the solid fondation of his compositions, stratifying several reading levels. A manifesto of a meaningful function over a purely decorative shape — « I try to add my insights on a given photograph, and turn it into a strong graphic element bringing a genuine added value ».

Un jeu de réinterprétation photographique mis en lumière dans son projet « Dansem », festival de danse classique et contemporaine — afin d’unifier ces deux disciplines et de montrer leur extrême différence, il cherche d’abord à combiner des formes opposés avant d’ajouter des photographies qui libère enfin son concept, créant des déclinaisons d’une identité à la fois pérenne et évolutive au fil des années.

A photographic reinterpretation’s play highlighted in his project « Dansem », a ballet and contemporary dance festival. In order to unify both arts whilst pointing out their extreme difference, he first associates opposite shapes before adding concept-freeing photographies. Thus, he created a range of lasting yet evolving identity.

Au-delà des images dénichées sur internet ou dans sa collection de livres spécialisés qui nourrissent habituellement son travail, il prête aussi une oreille attentive aux échanges avec ses collaborateurs, amis, famille, dont les récits sont parfois déclencheurs d’idées.
En constante veille de l’évolution des fonderies typographiques et de leur production, Valentin accorde également un grand soin à la typographie qu’il manie avec adresse. « Je trouve primordial que chaque entreprise, studio ou personne ait une typographie qui lui ressemble. C’est un élément permanent et prédominant dans une identité ».

Beyond the images found on the web or in his specialized books’ collection usually nurturing his work, he lend an attentive ear to often idea trigger’s talks with his coworkers, friends and family.
Closely following Type foundry’s evolution and production, Valentin takes great care in fonts, skillfully handled. « It seems vital to me that each company, studio or individual have a look alike typography. It’s a constant and prevailing element of a visual identity ».

Entre contrastes géométriques et colorés, adoptant une approche assez minimaliste, les esquisses de Valentin sont indissociables du stylo Bic bleu dont il ne se sépare jamais. Une nuance électrique dominante dans sa palette de prédilection « J’associerai, pour quelque chose qui devrait me représenter, du noir, un bleu RVB, du blanc, une sans serif très espacée et un cercle »

Between geometric and colorful contrasts, through a rather minimalist and sleek approach, Valentin’s blue ballpoint pen is fundamental to his sketches. This electric blue shade rules his favorite color palette. « An association of black, RGB blue, white, a widely spaced sans-serif font and a circle would draw an accurate portrait of me ».

L’amour qu’il porte à New York apparaît comme un écho évident à ses créations et à son tempérament naturellement curieux — « J’aime sa démesure, ses perspectives, la grille de ses rues, son côté à la fois ordonné et en constante ébullition. C’est un endroit qui éveille mes idées, mon envie de créer. Il y a toujours des expositions, des évènements, des nouveautés tant culturelles que technologiques ».
Y poser ses valises était un but tenace pour Valentin qui officie actuellement chez Sagmeister & Walsh, rêvant de collaborer avec l’un des papes du graphisme, Michael Bierut, ainsi qu’avec Verena Michelitsch, avant de monter son propre studio avec son binôme Jessica Cheix à laquelle il unit son talent depuis quatre ans.
Gageons qu’il trouvera sur les toits de Brooklyn tout l’espace nécessaire pour reproduire une partie de pétanque, au cas où la nostalgie de la Provence se ferait sentir.

His love foR New York City sounds like an obvious echo to his creations and his curious-driven temper — « I am fond of its excessiveness, its architectural perspectives, the grid of its streets, its orderly yet frenzy side. This place awakens my ideas and urge to create. There is always something to see, exhibitions, events, cultural and technological novelties ».
Settling down here was a stubborn goal for Valentin, currently a graphic designer at Sagmeister & Walsh. He finds himself dreaming of working with one of the biggest design’ shot, Michael Bierut, as well as with Verena Michelitsch. Before hopefully starting one day his own studio with his equally talented partner of four years, Jessica Cheix.

Let’s bet that he will find on Brooklyn’s rooftops all the needed space for a pétanque contest, if he ever feels nostalgia for his faraway Provence.


La sélection artistique de Valentin —
« Shokuzai » de Kiyoshi Kurosawa — « C’est un film en deux parties d’une richesse esthétique et scénaristique que j’ai peu vu encore. On ressent tout au long des deux films la tension et surtout le malaise perpétuel qui habite les quatre jeunes filles. Une image d’un Japon peu connu loin de l’esthétique habituelle montré dans les médias ».
Malika Favre (illustratrice)
Studio Akatre (photographie)
Klim Type Foundry (typographie)

Valentin top artistic’s picks —
« Shokuzai », Kiyoshi Kurosawa — « This two parts film has a rarely seen scenario and aesthetic value. All along both movies we can feel the tension and mainly the ever present awkwardness of the four young girls. It depicts a little known image of Japan, far from the usual aestheticism described in the medias ».
Malika Favre (illustrator)
Studio Akatre (photograph)
Kim Type Foundry (typography)

http://www.valentinbreyne.fr/

CREDITS
Graphic design & pictures © Valentin Breyne
Interview & editing © Justine & Kim, Jake Studio